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A 14 ans, on n'est pas une lumière ... ou alors on éclaire très peu. Moi, j'étais comme les autres : sûr de moi, fan de musique et, donc, je croyais tout connaître. J'étais le branché de la classe ... celui qui écoutait les Béruriers Noirs quand les copains écoutaient Indochine ...
Et puis il y a eu ... la bombe atomique ! Les 80 minutes les plus stupéfiantes que mes oreilles aient jamais connues ! Il a suffi d'un "Tiens, assieds-toi, mets le casque sur tes oreilles et écoute", pour que ma vie (musicale du moins) ne soit plus jamais la même. J'étais entrain d'écouter l'album "Sign'O'the times" de PRINCE.
PRINCE, rappelez-vous, c'était ce nain mauve survolté, se vautrant dans le sexe et le stupre, à la voix insupportablement haute, aux rythmiques saccadées et pauvres, aux propos machos et aux tenues vestimentaires indignes ; en gros, ce n'était pas Michael Jackson ....
Et non, ce n'était pas Michael ... C'était bien plus que ça ! PRINCE a mis dans cet album toutes les raisons pour lesquelles je suis aujourd'hui chanteur amateur.
Avant toute chose : les mélodies, tour à tour savantes ou minimalistes, légères, "efficaces", subtiles.
Puis, pour les anglophones, la poésie du verbe.
Cet album est une merveille de poésie, d'imagerie harmonieuse et harmonique, de déclarations d'amour à une femme ("Forever in my life"), à l'Homme en général ("Sign of the times"), à la musique ("It's gonna be a beautiful night").
Et enfin, évidemment : l'énergie !!! Et c'est là, sur ce point précis, que cet album en particulier et cet artiste en général représentent au mieux pour moi les années 80 : cet album déborde d'une énergie saine, optimiste, gaie (et gay aussi...) ; et c'était cela, ces années-là. Parce que nous avions 15 ou 20 ans, parce que nous n'avions pas peur, parce qu'on avait le temps, parce que nous avions tout ce que nous n'avons plus maintenant. Aux pleurs de douleur que Kurt Cobain nous a fait partager, nous préférions les "Kiss" de PRINCE; Depeche Mode savait encore nous faire sauter en l'air sur une piste de danse, Michael n'était pas encore accusé du pire et ...
Voila, le pré-ado que j'étais s’est pris une grande baffe ce jour-là. J'ai appris que les années 80 ne se limitaient pas à un kitch très français. Que PRINCE n'était pas un "Nain Purple" assoiffé de sexe, qu'il faut tendre l'oreille aux nouvelles musiques ... en bref : que les préjugés tuent la musique et le reste.
Et comme dirait PRINCE : "If you set your mind free baby, maybe you'll understand ..." (si tu libères ton esprit, peut-être comprendras-tu ...)
Jean-Paul de Carcassonne (11)
(Texte rédigé en Février 2006)
Lien | 3121.com
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